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lundi 15 décembre 2025
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RÉGION BOUNKANI : des élus locaux et cadres très remontés contre une société minière

Hien Philippe et Sansan Noufé lors de la réunion à l’hôtel Belle côte, le dimanche 27 juillet 2025

Des élus et des cadres issus des ethnies lobi et lorhon sont très fâchés contre Ampella Mining (Centamin PLC), l’entreprise qui exploite les gisements d’or dans le département de Doropo, dans la région Bounkani. Ils l’ont exprimé au cours d’une réunion qu’ils ont tenue, dimanche 27 juillet 2025, dans un grand hôtel de Cocody, à Abidjan.

La raison de leur colère, les conclusions du rapport de l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) rédigé par Ampella Mining relativement à ses activités dans la zone. Dans le document de plus de 500 pages, la société extractive aurait parlé des Lobi comme un peuple « sous tutorat » dans la région Bounkani. En clair, ce groupe ethnique serait sous la protection d’un autre. Les terres sur lesquelles Lobi et Lorhon sont installés et qu’ils exploitent depuis des lustres seraient donc la propriété de leurs tuteurs.

Des chefs des 2 communautés, des cadres et des élus, dont Hien Philippe (président du Conseil régional de Bounkani) et Sansan Noufé (député de Doropo), sont montés au créneau pour dénoncer les termes du rapport. Ils y voient une volonté affichée d’Ampella Mining, en vue de ses recherches d’or, d’exproprier de leurs terres des populations « marginalisées » dans un État de droit où les citoyens sont déclarés « tous égaux au regard de la loi fondamentale ». Selon le député Sansan Noufé, les Lobi représentent près de 60% de la population de la région Bounkani. Mais pas représentés à la Chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire. Pour lui, il s’agit d’une « injustice flagrante ». Comme l’est tout autant la rétrogradation de plusieurs gros villages peuplés de lobi et lorhon en « campements » dans le cadre de la délimitation des terroirs villageois par l’Agence foncière rurale (AFOR), a dénoncé le parlementaire.

Pour les élus, cadres et chefs des villages impactés par l’activité minière, les termes employés dans le rapport de l’EIES de la compagnie aurifère pour qualifier leurs peuples s’inscrivent « dans la continuité des pratiques d’effacement culturel et politique ». Ils affirment n’avoir pas été consultés avant l’élaboration du document. Face à ces faits qualifiés de « graves », ils ont décidé la création d’un collectif de cadres lobi et lorhon pour préserver la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Le Bounkani ne peut se permettre un conflit intercommunautaire, après celui de mars 2016 qui a occasionné une vingtaine de morts répertoriés à Bouna (capitale régionale), Saye, Yalo, Sitedouo et Ditouredouo.

OSSÈNE OUATTARA




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