
Bamba Noumina (à gauche) a fait de la transformation du cajou en sous-produits comestibles une activité rentable
La Côte d’Ivoire ne lésine pas sur les moyens pour tirer profit de tout le potentiel économique qu’offre le cajou : la pomme, la noix, sa coque et l’amande qu’elle renferme. La sensibilisation menée à chaque début de traite par le Conseil coton anacarde karité pour apprendre aux producteurs les bonnes méthodes de récolte et post-récolte en vue de l’amélioration de la qualité du produit a, cette année, été une occasion pour former à la transformation artisanale de cette matière première au niveau des villages et inciter les populations rurales à la consommation. Notamment la pomme. Si les paysans ne savaient pas quoi en faire après l’avoir séparée de sa noix, dame Bamba Noumina montre sa valeur marchande en la déclinant en divers sous-produits comestibles qu’elle vend. Basée à Dabakala, elle a fait de la transformation du cajou sa spécialité depuis 2007.

La posture de ces producteurs en train de goûter le « womi » et la bouillie à base de cajou en dit long sur le caractère succulent des produits
Du 16 au 21 février, l’entrepreneure a montré à des producteurs des sous-préfectures de Sohouo et Boron (dans la région Poro), puis de Ganaoni et Kouto (dans la Bagoué) comment on passe de la pomme de cajou aux confiseries (bonbons, jus, confitures, sirop), aux galettes « womi », à l’ « alloco », aux boulettes à la saveur de viande, au saucisson. Et de l’amande à cette bouillie au goût incomparable, à la pâte, à la farine enrichie. Ceux qui ont découvert et goûté ces dérivés fabriqués par Bamba Noumina n’ont pas émis d’avis contraire quant au plaisir qu’ils procurent une fois dans la bouche. Elle a enseigné ses techniques de transformation aux producteurs présents lors des séances de sensibilisation sur la qualité des noix brutes.

Il s’agit bien de galettes et de bouillie fabriquées à partir de la pomme et d’amande de cajou
En associant la patronne des « Merveilles de Dabakala » à cette tournée dans les zones de production, le Conseil coton anacarde karité n’entend plus cantonner les villageois au seul rôle de producteurs. Mais aussi à celui d’entrepreneurs en transformant eux-mêmes les produits issus de leurs champs. Car en plus de la noix, la pomme peut générer des revenus additionnels. L’activité qu’en a faite Bamba Noumina le prouve. Veuve depuis 12 ans, son business de transformation artisanale du cajou en divers dérivés lui a permis de scolariser ses 4 enfants, relève-t-elle. Elle est également propriétaire d’une résidence de 6 pièces construite grâce aux profits générés par son activité.
Même à petite échelle, la transformation locale du cajou peut s’avérer rentable.

Bamba Noumina présente à des producteurs de Ganaoni (Boundiali) un sachet de caramel d’amandes de cajou
OSSÈNE OUATTARA



