Transformer localement les produits agricoles de la Côte d’Ivoire. C’est le pari que plusieurs dizaines de femmes sont en passe de réussir. Regroupées en collectif, elles ont fait une exposition-vente de leurs produits, du 27 au 29 décembre 2017, au cœur d’Abidjan, dans le quartier des affaires. Les visiteurs ont pu apprécier le savoir-faire des femmes. Déodorants et autres articles à base de karité pour soins corporels, tissus tissés à la main, vêtements traditionnels, semoule de manioc conditionné, palette de bière de palme et de mil, chocolat fabriqué manuellement, huiles végétales, épices…
Si ces transformatrices n’ont pas pour intention de combattre les produits venus d’ailleurs, leur message est clair. « Notre combat, c’est de dire aux Africains que nous avons sur le continent des produits de qualité, au lieu de se battre pour des produits importés », affirme Kambou Lydie Rachel, très impliquée dans le secteur du karité. « Le beurre de karité est reconnu pour sa qualité naturelle par tous les experts », poursuit-elle. Une mine d’or pour les femmes qui interviennent dans sa production. À condition que la filière se professionnalise ! « Il était important que nous formalisions le secteur. Nous avons une estimation de 150.000 tonnes d’amandes de karité », souligne Kambou Lydie, présidente de la Société coopérative des productrices de karité de la région de Bounkani (SCOOPS PROKAB).
La transformation locale des produits par les femmes a un double avantage : générer des revenus et ajouter de la valeur aux produits finis. Reste toutefois un autre pari. Celui d’inciter les populations à acheter les articles transformés. « Il faut que les Ivoiriens adhèrent aux produits en les consommant », exhorte Kambou. Elle et ses collègues envisagent une exposition-vente dans chaque commune d’Abidjan.
OSSÈNE OUATTARA






