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samedi 13 décembre 2025
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Aliagui Soumaïla : au RHDP, « il y aura des déçus et des frustrés. Moi en premier… »

Militant de première heure à Bondoukou du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Aliagui Soummaïla n’a pas sa langue dans la bouche. Aucun sujet lié à son parti politique n’est tabou chez lui. Comme il nous l’a montré ce mardi 4 novembre 2025, dans cet entretien, où il n’hésite pas à affirmer haut qu’il « reste sur sa faim » quant aux retombées pour Bondoukou de l’engagement de cette ville pour le RHDP. Pour lui, un parti doit promouvoir ses cadres et ses militants à tous les niveaux pour que ces derniers n’attendent pas les élections locales comme seules alternatives pour espérer monter vers un statut plus haut.

Aliagui Soumaïla, président de l’Union des enseignants du RHDP de la zone 2, département politique de Bondoukou Est

Tu es l’un des militants actifs du RHDP à Bondoukou. Pour preuve, tes publications régulières sur les réseaux sociaux tournent autour de ce parti politique. Quel rôle joues-tu en son sein ?

J’étais militant actif du RDR [Rassemblement des républicains] à Bondoukou à partir de 1996. Au sein de ce parti, j’ai occupé le poste de secrétaire général du bureau de la jeunesse communale jusqu’à la naissance du RHDP en 2018 où je milite comme membre de la coordination régionale. Actuellement, je joue le rôle de président de l’Union des enseignants du RHDP de la zone 2, dans le département politique de Bondoukou Est dirigé par le député Mamah Diabagaté.

Comment se porte ce parti dans la région Gontougo, particulièrement à Bondoukou ?

Le RHDP se porte très bien. Les chiffres sont éloquents à ce sujet. Sur 12 députés dans la région, mon parti a 10. Les 2 sièges de la circonscription de Bondoukou sont occupés par des militants de ma formation politique. Pareil au niveau des communes. Le RHDP a raflé 5 mairies sur 7. Si l’intention d’adhésion au parti de l’actuel maire indépendant de Bondoukou se confirme, ça fera 6 sur 7. Le Conseil régional est également dirigé par le RHDP. L’élection présidentielle du 25 octobre dernier confirme cet ancrage du parti avec au moins 56% de taux de participation dans le Gontougo et plus de 80% des suffrages exprimés en faveur du candidat du RHDP. Notre formation politique se porte donc très bien.

En tant que militant de première heure, quel regard portes-tu sur les Législatives dans la circonscription de Bondoukou ? Ces élections sont prévues se tenir fin décembre 2025.

Pour 2 sièges de député, 14 personnes sollicitent le parrainage du RHDP pour être candidats à Bondoukou. Le parti se retrouve dans la même situation que le RDR en 2011 avec le même nombre de candidatures. Ça démontre la vitalité du RHDP et la démocratie en interne. Les militants sont tous au même niveau. Les volontés sont libres de s’exprimer en son sein. Chacun pense être bien formé et compétent pour défendre le parti et porter haut ses idéaux.

Comment se fera le choix des 2 candidats qui défendront les couleurs du parti ?

Les consultations sont en train d’être faites. Je souhaite que ceux qui seront désignés par les hautes instances du RHDP soient soutenus par tous les militants et les cadres du parti pour que la victoire revienne à notre formation politique.

Tout arbitrage demande un tri. Ne crains-tu des mécontentements qui déboucheraient sur des candidatures indépendantes qui pourraient fragiliser votre parti localement ?

Il y aura forcément des déçus et des frustrations. Moi en premier. Depuis que je travaille, les promotions sont difficiles. Un parti doit promouvoir ses cadres et ses militants à tous les niveaux pour que ces derniers n’attendent pas les élections locales comme seules alternatives pour espérer monter vers un statut plus haut. C’est pourquoi je suis contre le cumul de postes électifs. Un maire doit s’occuper de sa commune. Un député doit représenter sa population au Parlement. Un parti au pouvoir dispose de tous les leviers pour contenir les frustrations de ses militants.

Un exemple de levier ?

Par exemple, le parti peut rencontrer ceux qui ne seront pas choisis à l’issue de son arbitrage sur les 14 candidats qui souhaitent concourir aux Législatives. Puis, leur faire des propositions sur les autres échéances à venir. À certains, le parti peut faire des propositions de nomination à des emplois supérieurs. Je ne dis pas que tous les postes de l’administration doivent revenir aux militants du parti au pouvoir.

Le responsable politique exhibe ses cartes d’adhésion pour montrer que son militantisme n’est pas seulement dans la bouche

Que dis-tu des militants de ton parti qui se porteront candidats malgré l’avis contraire de son instance d’arbitrage ?

Je ne souhaite pas que le RHDP accepte le retour de ceux qui, malgré leur serment de ne pas être candidats indépendants en cas de rejet de leurs dossiers, vont trahir en se portant candidats. Même s’ils sont élus, qu’on n’accepte pas leur retour dans la maison. Sinon, on n’aura rien réglé. Le parti doit être intransigeant pour la discipline en interne. Un député indépendant doit avoir le courage et la responsabilité de demeurer tel quel pour défendre à l’Assemblée nationale les causes de ceux et celles qui lui accordé leurs voix.

Mais tout à l’heure tu évaluais la bonne santé du RHDP dans le Gontougo en misant sur l’adhésion de l’actuel maire de Bondoukou élu sous une bannière indépendante.

Ne confond pas les choses ! Avant son élection à la tête de la commune, il n’a signé aucune lettre d’engagement qu’il ne se présenterait pas à l’élection au cas où. Il était libre. Cela dit, tout parti politique a besoin de nouvelles adhésions. Bienvenue à lui !

Depuis 1996 que tu milites, ne t’es jamais venue l’idée de briguer un mandat électif local ?

J’ai voulu me présenter aux Législatives en 2011 pour le compte du RDR. Nous étions 14 candidats à solliciter l’arbitrage du parti. Au final, c’étaient les dossiers de Dr Touré Souleymane et feu Dah Désiré qui ont été retenus. En 2023, j’étais sur la liste de Bamba Salia pour les élections municipales. Malheureusement, nous avons perdu. Je me prépare. Je me porterai candidat un jour à l’un des scrutins locaux.

Beaucoup de gens affirment que Bondoukou a tout donné au RHDP, parti au pouvoir, sans avoir rien eu en retour. Ou très peu de choses. As-tu le même avis ?

Absolument ! La population électorale de la région Gontougo est basée sur la population électorale de la commune de Bondoukou et du département. De 1995 à 2025, Bondoukou a tout donné dans les élections malgré les contradictions politiques. Franchement, nous espérions beaucoup de promotions hier avec le RDR et aujourd’hui avec le RHDP de personnes originaires du département et de la commune de Bondoukou. Il y a que quelques promotions de jeunes cadres. C’est vrai qu’au niveau des infrastructures, la ville dispose d’une belle université et la réhabilitation de quelques rues. Mais personnellement militant du RDR hier et RHDP aujourd’hui, je reste sur ma faim. On attend une promotion de cadres et de militants venant de la commune de Bondoukou. J’insiste sur ça ! Des gens peuvent ne pas aimer. Chacun montre son village avec la main droite.

Que souhaites-tu dire sur les élections législatives à venir ?

Bonne chance aux candidats du RHDP qui seront retenus pour concourir et que les populations aillent aux élections dans la quiétude ! Je souhaite surtout que nous ayons de nouveaux visages dans la transmission générationnelle dont parle le président Alassane Ouattara. C’est-à-dire une nouvelle équipe de jeunes cadres qui vont pérenniser son héritage de politique libérale en Côte d’Ivoire. Je tiens à la réalisation de cette promesse du président. On veut voir de nouveaux visages. Dans les régions, les départements et les communes, il faut que le président puisse acter sa transmission générationnelle. Surtout à Bondoukou.

Propos recueillis et retranscrits par OSSÈNE OUATTARA




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