Search
mardi 18 janvier 2022
  • :
  • :

UGN : Aliagui Soumaïla ne comprend pas l’opposition à cette synergie des cadres et élus du Nord

Pour Aliagui Soumaïla, les unions sont à encourager là où aucun ne peut résoudre à lui seul les mêmes difficultés qui se dressent à tous

Les contradictions entre figures politiques régionales [pas les moindres] sur le bien-fondé de l’Union fraternelle des cadres et élus pour le développement du grand nord (UGN), avant même sa naissance, n’ont pas empêché certains à assumer leur choix pour l’adhésion de Gontougo. Ils étaient nombreux, ceux de cette région, à s’être rendus à Korhogo pour signer l’acte constitutif de l’organisation, les 12 et 13 novembre. L’élection d’un cadre de Bondoukou, en l’occurrence Gbané Abou, pour présider aux destinées de l’UGN entérine l’appartenance de la région de Gontougo au grand nord. Comme 10 autres régions du pays. À la déception des anti. Les choses auraient dû rester là. Mais la polémique continue.

Aliagui Soumaïla a du mal à comprendre l’opposition à l’UGN et a tenu à apporter des clarifications. Autour d’un café, jeudi 25 novembre, ce coordonnateur associé régional de l’Union de la jeunesse du RHDP (UJRHDP) a, entre révélations et autres déclarations, affiché son adhésion à la faîtière des cadres et élus. Il faisait d’ailleurs partie de la délégation de Bondoukou présente à Korhogo pour porter l’UGN sur les fonts baptismaux. Selon lui, ses pourfendeurs avaient eux-mêmes en projet la création d’une Union des cadres et élus du grand Est. Mais ils ont été pris de court, car devancés par l’UGN, une organisation à qui ils prêtaient des visées tribalistes. « Même si l’échographie peut permettre de connaître le sexe de l’enfant dans le sein de sa mère, elle ne peut savoir d’avance que cet enfant deviendra fou après sa naissance », fustige le secrétaire général adjoint de la MUDESSO [Mutuelle de développement économique et social de Soko] ceux qui attribuent des intentions éhontées à l’organisation. Aliagui Soumaïla croit savoir qu’avec l’UGN, des personnes qui se prennent pour des « incontournables dans le Gontougo pensent qu’ils vont chuter de leur piédestal ».

Son sentiment est fondé sur le fait que peu de temps après la mise en place de l’UGN, la création d’une Union des jeunes du grand Est est annoncée sur les réseaux sociaux. « Vous voulez faire pareil par le biais de jeunes à votre solde. Quel est donc le projet ? Soit vous voulez vous opposer au président élu de l’UGN pour satisfaire vos projets personnels », analyse-t-il.

Pour Aliagui Soumaïla, même si la naissance de l’UGN a été suscitée par des barons du RHDP (parti au pouvoir), l’organisation n’a pas une visée politique. Sa mise sur pieds répond au défi commun de développement des 11 régions du Nord. Leurs cadres et élus ont pris conscience que les problèmes auxquels font face ces espaces sont les mêmes. Et que les solutions à apporter doivent être collégiales à travers l’union de leurs forces.

Que le Gontougo fasse partie du Nord ou de l’Est, cette région ne peut que tirer profit de sa position géographique !, s’exclame-t-il. Aussi étonnant que cela puisse paraître, personne n’avait trouvé à redire dans sa bi-appartenance : à la fois au Nord et à l’Est. C’est pourquoi on a toujours dit Nord-Est pour désigner le Gontougo et le Bounkani. Tant administrativement que du point de vue de l’orientation spatiale. Il a fallu parler d’union pour que tout bouillonne. Comme si la recherche de la synergie était une mauvaise chose en soi.

Les unions sont à encourager là où aucun ne peut résoudre à lui seul les mêmes difficultés qui se dressent à tous, estime le jeune responsable politique. La Côte d’Ivoire, qui n’est pas un pays sahélien, en a donné l’exemple en faisant son adhésion à la CEN SAD [Communauté des États sahélo-sahariens] en 2004. Le pays fait également partie de l’Union du fleuve Mano. « Le Maroc, qui n’est pas en Afrique de l’Ouest, cherche à intégrer la CEDEAO », rappelle quelqu’un.

Selon des sources concordantes, un farouche opposant à la naissance de l’UGN qui aurait menacé de démissionner de son juteux poste de « haut commis de l’État », est allé « baisser la culotte » devant son patron pour que ce dernier lui pardonne ses « excès langagiers ». Aliagui Soumaïla s’est réjoui de cette repentance qu’il prend comme un revirement spectaculaire de l’homme qui craignait de tout perdre. « Ils se sont précipités pour exprimer leur refus de l’UGN. S’ils reviennent aujourd’hui, c’est qu’ils ont compris le bien-fondé de la chose. Nous ne pouvons que nous réjouir ».

OSSÈNE OUATTARA




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *