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vendredi 28 février 2020
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Remettre l’industrie cotonnière sur les rails

Pour Adama Coulibaly, patron de la filière, l’exportation du coton ivoirien en Chine pour être transformé signifie aussi l’exportation d’emplois au détriment des jeunes ivoiriens

Les dirigeants de la filière coton sont unanimes : la Côte d’Ivoire n’aurait jamais dû cesser d’être ce géant en matière d’industrie textile en Afrique de l’Ouest quand Gonfreville tournait à plein régime, au cours de la décennie 1970-1980. À partir de 1990, les difficultés ont commencé pour le secteur avec l’irruption du textile chinois sur le marché ivoirien. Conjuguée aux mauvais effets de la libération de la filière coton en 2000, puis l’instabilité politique entre 2002 et 2011, les conséquences ont été dévastatrices pour l’industrie locale : sous activité, vétusté du matériel de production, fermeture d’usines, etc.

Mais la Côte d’Ivoire continue à produire du coton. La dernière réforme de la filière intervenue en 2013 a pratiquement triplé la production. Au point où le pays est 3ème producteur en Afrique après le Mali et le Bénin. L’essentiel de la production ivoirienne part en Chine pour être transformée en tissu écru que UNIWAX (le leader ivoirien du pagne) importe pour faire fonctionner son usine. Un paradoxe décrié avec véhémence par le directeur du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), la structure chargée de la gestion de la filière coton. Même ton réprobateur de Jean-Louis Menudier, patron d’UNIWAX, qui pointe du doigt la fraude et la concurrence déloyale. « Le coton transformé en Chine sous forme de pagnes et de vêtements est remis en fraude dans nos pays africains, en particulier la Côte d’Ivoire », dénonce-t-il.

Pour corriger cette « détérioration des termes de l’échange » et relancer l’industrie textile ivoirienne, le CCA est à la recherche de voies et moyens. C’est pourquoi, durant 2 jours (mardi 29 au mercredi 30 octobre), il a réuni autour d’une table, à Grand-Bassam, acteurs institutionnels, professionnels de l’habillement, industriels, partenaires techniques et stratégiques, organisations professionnelles agricoles. Le but, recueillir les suggestions des uns et des autres. Notamment, de l’Institut Tony Blair (organisation à but non lucratif créée par l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, avec l’ambition de contribuer à ce que la mondialisation profite à la majorité, et non à la minorité).

Les recommandations issues de cette rencontre serviront de base à l’élaboration d’un plan d’actions en vue de remettre sur les rails l’industrie textile. Tel le sphinx qui veut renaître de ses cendres.

OSSÈNE OUATTARA

 




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