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mercredi 30 septembre 2020
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RÉGION DE GONTOUGO : La doléance incongrue d’un vice-président du Conseil au ministre de l’Intérieur

GONTOUGO

En 2010, Alassane Ouattara a sollicité le vote des Ivoiriens pour diriger la Côte d’Ivoire de 322.462 km². La majorité lui a accordé sa confiance. En 2015, la demande a été renouvelée. Et le président est réélu à plus de 80% des suffrages pour conduire les destinées des 23 millions de personnes vivant sur les 322.462 km². Est-il pensable qu’à la fin de son mandat, en 2020, le chef de l’État demande que la Côte d’Ivoire soit scindée en 2 pour continuer à exercer son pouvoir sur une moitié du territoire national ? À priori, non ! Cela mériterait le nom de « haute trahison ». On imagine bien le tollé politique et les conséquences imprévisibles qui en découleraient. Le président Ouattara ne prendra pas un tel risque.

Mais dans les régions, à l’approche des élections locales, la fin semble justifier les moyens. Tout est permis pour des « cadres » dont les intérêts personnels viennent avant le bien général. L’ambition politique particulière est mise devant. On franchit les limites de l’inacceptable devant des populations ignorantes. Quitte à sacrifier l’unité régionale sur l’autel de la division. Dans le Gontougo, le député Ouattara Aboubacar ne soutiendra pas le contraire. Dimanche 31 juillet, à Sandégué, devant le ministre de l’Intérieur qui y était pour l’investiture de chefs de villages, il a fait cette surprenante demande : « Je voudrais profiter de votre présence dans le Gontougo pour faire une doléance. Sandégué est un gros département, Tanda est un gros département, Koun-Fao est un gros département, et Transua est un gros département. Nous voulons tout simplement vous demander de nous ériger en région ». La doléance ne serait pas « surprenante », si elle n’émanait pas d’un haut responsable du Conseil régional.

Devant Hamed Bakayoko – patron de l’administration du territoire national – l’honorable Aboubacar (vice-président du Conseil régional de Gontougo) avait l’occasion en or de dresser le bilan de l’entité territoriale dont il a la charge. En lieu et place, c’est la scission de sa région qu’il a demandée, sous le regard « admiratif » du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, président élu du Conseil. Là où on parlerait d’union, lui a préféré prononcer le mot « division ». Là où l’homme raisonnable devrait chercher à étendre son pouvoir en réclamant plus de territoires à administrer, il a souhaité qu’on le limite à une petite portion de terre. Est-ce pour conduire le Gontougo à son morcellement que ces gens-là se sont fait élire en 2013 ? Avoir la chance de parler au président de la République ou être ami au ministre de l’Intérieur n’est pas une permission à demander l’absurde.

L’érection d’un département en région n’est pas quelque chose qu’on fait cadeau pour contenter un cadre. Pour que ce dernier en fasse ce qu’il veut. L’enjeu, ici, c’est le destin commun d’une partie de la population nationale. Il faut suffisamment intégrer la notion de République pour le comprendre. Cette connaissance semble faire défaut au député de Sandégué.

La doléance du vice-président est nocive, saugrenue. Elle relève d’un calcul politicien, au sens où elle intervient en fin de mandat. Demande suscitée par l’éventualité d’un échec aux prochaines élections régionales ? Que deviendra-t-il si lui et ses amis ne sortent pas victorieux de l’élection ? Faire tout pour que Tanda soit affranchie de la tutelle de Bondoukou en la faisant devenir région de plein exercice : la garantie de continuer à occuper un poste au Conseil. Tanda est en effet un département « conquis » par le ministre Kouassi Adjoumani, président élu de la région de Gontougo. À qui profiterait une scission de Gontougo en 2 collectivités territoriales distinctes ? Pas aux populations, mais à quelques personnes qui se prennent pour des cadres, pensant qu’il leur revient de légitimement présider aux destinées de la nouvelle entité administrative. Les mêmes ont eu à diriger le défunt Conseil général de Tanda : collectivité de moindre envergure, comparée à la région. À chacun d’apprécier s’ils ont pour autant réussi ou échouer dans leur mission !

Tout semble indiquer que le jeune parlementaire craint de redevenir ce qu’il était : insignifiant. Sa demande au ministre Hamed Bakayoko ne saurait être guidée par le souci d’efficacité de l’action régionale au profit de tous. La grande taille d’une collectivité ne constitue pas en soi un frein pour l’administrer. Le problème se situe au niveau de son administrateur, qui n’a pas les atouts pour être bon dirigeant, malgré son statut de député, directeur général ou ministre. Vouloir le morcellement de l’entité dont on a soi-même la gestion : un aveu éhonté d’échec. Les propos du député Aboubacar lèvent le voile : l’équipe à laquelle il appartient, un chemin qui n’a mené nulle part. Et de confesser en filigrane que le Gontougo, trop grand. Donc il a échoué pour cette raison. Et que les populations ont eu tort de le lui confier.

Ailleurs où les consciences sont plus éveillées, l’opinion publique régionale, portée par l’intelligentsia locale, aurait demandé des comptes aux responsables du Conseil, suite à la doléance incongrue d’un des leurs. Souhait ayant peu de chance d’aboutir. Qu’à cela ne tienne ! Le moment venu, ces « parjures » solliciteront encore le vote des populations pour le renouvellement de leur mandat à la tête du « très grand » Gontougo. Ils trouveront des gens assez naïfs qui les suivront.

OSSÈNE OUATTARA




4 thoughts on “RÉGION DE GONTOUGO : La doléance incongrue d’un vice-président du Conseil au ministre de l’Intérieur

  1. lucien

    Vraiment dommage pour ma region! Pendant que les élus des autres cherchent à developper leurs regions, les miens pensent à la diviser. Je comprend bien pourquoi cette region est toujours en retard… PITIÉ!!!

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  2. Fiéni kouassi Jean-Claude

    vous saviez chers partenaires de l’info du Zanzan; ces personnalités que voyez; ils sont sataniques parce que tout simplement ils pensent qu’à ceux seuls en se moquant de toute la population du Gontougo; c’est une insulte que le député de Sandégué a prononcé devant le Ministre de l’intérieur Hambak en présence du  » préfet de la région  » qu’on appelle l’éléphant du zanzan parce que comme son pseudo l’indique; lui il est toujours prêt à écraser sur son passage tout ceux qui ne partage pas son opinion malsain.Pour tout cadre de la région doit forcement adhérer ou épouser ses idées néfastes qui retarde toute une génération. Que c’est triste et même pitoyable de voir des hommes politiques agir de la sorte. En tout état de cause ; les hommes soient disant forts passeront mais leur l’histoire reste;tout à une fin et c’est cette fin-la qui m’intéresse le plus parce que trop c’est trop et Dieu ne laissera pas prospérer aussi longtemps le mal de ces politiciens a véreux; ignorants et mal intentionnés .Aussi retenons une chose; ces gens-la vont tomber à tous les coups ; ils constatent eux-mêmes leurs échec dans la gestion du conseil régional; donc comprenons que c’est ce qui leur faire courir dans des sens désorienté car à part la désillusion qu’ils savent si bien le faire pour attirer des gens ignorants à leur guise; personnes n’a plus leur confiance; sauf que l’histoire nous dira le reste.Sur-ce; je vous remercie cordialement de m’avoir exprimé aussi aisément. Que Dieu vous bénisse pour votre initiative de haute porté d’informer la population du zanzan et d’ailleurs.

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  3. Adingra

    Merci pour tout. Grace à vous, nous somme informé de ce qui se passe dans notre région.

    Je pense que la population de notre région, ceux là même qui voteront demain, soit toute informée de cela pour qu’elle puisse réfléchir avant de choisir.

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