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vendredi 30 septembre 2022
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GUIENDÉ : Top départ de la fête de l’igname chez les Brong

La fête de l'igname à donné lieu à une liesse populaire à Guiendé, le 21 septembre 2016

La fête de l’igname a donné lieu à une liesse populaire à Guiendé, le 21 septembre 2016

La tradition a été respectée, mercredi 21 septembre à Guiendé, dans le département de Tanda. Nanan Koffi Prao II a goûté à la douceur de la nouvelle igname. Le chef a ainsi donné le top départ de la fête de l’igname chez le peuple brong. Il sera imité 52 jours plus tard par les autres dignitaires du royaume.

La cérémonie a donné lieu à une liesse populaire. Pour cause, c’est grâce à l’igname que les Brong ont survécu dans la région aujourd’hui appelée Zanzan. Ils fuyaient la guerre de conquête d’Ossei Tutu, roi des Ashanti (Ghana). Chaque année, la fête débute à Guiendé.

Pourquoi ?

« Il y a longtemps, la famine régnait du fait des querelles qui ne donnaient aucun répit pour cultiver. L’igname fut découverte à l’état sauvage. Mais personne n’osait prendre le risque de manger en premier le tubercule, de sorte à prouver sa comestibilité. C’est alors que Fiéni, fondateur de Guiendé, appelé Adontrin-héné (chef de guerre) se proposa. Il goutta le féculent. Il n’eut aucun malaise par la suite », a relaté Prao David, porte-parole de Nanan Koffi Prao II, chef de Guiendé. Le roi des Brong reconnut au premier responsable de ce village le droit sacré de goûter la nouvelle igname, chaque année. Depuis lors, Guiendé est la première localité du royaume à abriter le lancement des festivités du nouveau tubercule d’igname. Ces réjouissances rassemblent du beau monde.

Koffi Prao II, chef de Guiendé, porté en triomphe

Koffi Prao II, chef de Guiendé, porté en triomphe dans son palanquin

La célébration de l’igname, également une occasion pour rendre hommage aux ancêtres pour leur bienveillance. Son importance fait d’elle le 1er jour de l’an chez les Brong. Trente jours après Atta Kouamé (nom générique de l’héritier de Fiéni, le premier à avoir fêté avec faste), c’est Tanoh, le dieu protecteur des Brong, qui célèbre l’igname. Douze jours après lui (52 jours après Atta Kouamé), tout le royaume, conduit par le roi, emboîte le pas au chef de Guiendé.

ALY MICRO




2 thoughts on “GUIENDÉ : Top départ de la fête de l’igname chez les Brong

  1. Nana Amouzam

    Je suis vraiment fier et ému en voyant cette photo. Nous sommes un grand peuple mais une bonne partie ne parle pas notre ethnie le brong. Ils parlent un semblant de koulango et celà est frustrant dans la mesure où on confond brong et koulango, or il est vrai nous sommes voisins mais nous sommes très différents. Alors peuple brong à la coutume noble et riche, levons nous pour mettre fin à cette situation . Je n’accuse pas mes frères brong qui parle une autre ethnie à savoir un semblant de koulango. Mais je vous demande de vous rapprocher de ceux qui le parlent pour revenir à votre sources, car en afrique de l’ouest ici , notre royaume fait partie de ceux les mieux organisés. Soyons en fiers. gnamin n’hira ho

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  2. ADAYÉ Jacques Cardinal

    Pourquoi la plupart des BRONG (Abrong) parlent le Koulango ?
    Vers le XIVè siècle sous le règne de Nana Obri Yeboa des guerres inter-tribu ont lieu dans le Kwamou (Ghana actuel). En ces temps là les Asanty étaient très méchants et furent battus dans une bataille par les Denkyira, ainsi les Ashanti (Akans) servaient les Denkyira et fournissaient de régulières corvées et payaient des taxes :
    Les États autour de Mampong et Nsuta (région d’origine de la reine Abla Pokou) doivent fournir :
    – de l’argile rouge pour la décoration des maisons des Denkyira tous les dimanches.
    – de la fibre de bananiers (comme papier hygiénique).
    – du bois de chauffage tous les six semaines.
    – les jeunes hommes doivent nettoyer autour de la capitale Abankeseso.
    – les jeunes filles doivent balayer les rues de la capitale.
    – les hommes de Denkyira peuvent avoir des rapports sexuels avec les femmes Ashanti pour leur inoculer du sang royal malgré si elles sont mariées ou non. Il n’y avait pas de crime parce que les Denkyira sont les maîtres .
    – pour les taxes, de la poudre d’or.
    Face à cette situation, la reine Abla Pokou décide de sortir son peuple des terres de Denkyira.
    Pendant l’exode, le chef guerrier des BRONG en la personne de Atta Kwame était chargé de la protection de la reine et ses proches. Ils marchèrent des jours et nuits durant et la nourriture arrivait à finir. Ainsi, à la découverte de l’igname sauvage, le « Bayèrè », la reine demanda au chef guerrier BRONG de manger le premier cette tubercule question de savoir si elle est comestible ou vénéneuse ? Pendant 40 jours Atta Kwame demeure en vie et tout le groupe à commencer à en manger. C’est pourquoi les descendants du Chef Atta Kwame du village de Guiendé sont les premiers à manger la nouvelle igname avant tous les Akans en Côte d’Ivoire comme au Ghana. Il faut dire que les forêts de cette région regorgent beaucoup d’ignames sauvages jusqu’aujourd’hui. C’est cette tubercule aux piquants noirs comme des défenses de phacochères, par sa culture successive a donné les différents types d’ignames que nous avons aujourd’hui.
    Une fois au portes de la Côte d’Ivoire actuelle, les Denkyira apprirent la fuite de ceux qu’on appelle les Akans de Côte d’Ivoire (les Abrong, les Baoulé, les Agni, les Abbey et les Akié….).
    Les Abrong en tant que Chefs guerriers et protecteurs du groupe s’installèrent aux frontières pour barrer la route à leurs poursuivants, les Denkyira pour que la reine Abla Pokou continue son périple vers le centre en traversant le fleuve Comoé. La suite de l’histoire des Baoulé, vous la connaissez.
    Pourquoi les Abrong parlent Koulango ? L’histoire nous enseigne que la région Sud-Est (Koun Fao, Tanda, Goumeré, Tabagne, Amanvi et Gontougo) occupée par les « Abrong-Koulango » était autrefois habitée par les Koulango uniquement avant leur arrivée. Par une stratégie de guerre et de camouflage, les Abrong ont commencé à parler Koulango pour ne pas que les Denkyira les découvrent pour leur faire la guerre et les recoloniser par la suite. Ils ont donc garder la langue Brong en secret pour les libations à leurs ancêtres et pour l’adoration de leurs fétiches. Plutard une guerre éclata entre eux et les Koulango à cause de leur mode de vie et leur organisation sociale qui ne siéent pas aux Koulango. À plusieurs reprises ils ont battu les Koulango qui se sont retirés vers le nord, actuel Bouna. Plutard des alliances et des pactes de non-agression ont été signés entre les Brong et les Koulango, entre les Brong et les Kouyaka, entre les Brong et les Sénoufo (Kong) etc… Tous ces derniers cités ont été battus en guerre par les Brong Djamanh.
    « BRONG DJAMANH KOTOKO, A HOU KOU MIAN APINM, APINM BÈ BA »
    Trad : Si tu tues 1000, 1000 revient à charge.
    In outline of Ashanti history, part 1 – Dr Kwaduo Dankoi

    Photo1 : Nanan Koffi Prao II, 14e roi des FIÉNI de Guiendé.
    Photo 2: Bayrè dié ( fête d’igname )

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