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samedi 26 septembre 2020
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DINAOUDI (BONDOUKOU) : Pénurie d’eau

Une des pompes hydrauliques vétustes de Dinaoudi

Une des pompes hydrauliques vétustes de Dinaoudi

À Dinaoudi, village situé à 85 km de Bondoukou, l’eau est une denrée rare. Les 5 pompes hydrauliques dont dispose la localité n’arrivent plus à satisfaire les besoins des 5.000 habitants. En cause, leur vétusté qui occasionne des pannes régulières. « La première pompe du village a été posée en 1984. Des années plus tard, 4 autres pompes ont suivi. Mais toutes ont vieilli. Elles ne fournissent plus de l’eau », a indiqué Dagbolo Toubrou 5. Le chef de village révèle que pour avoir le précieux liquide, les populations ont été contraintes de creuser des puits aux abords des rivières asséchées. Rien n’y fit : toujours pas d’eau. « Des femmes dorment à côté des rivières. Il y a vraiment pénurie », se désole le chef Toubrou 5.

On fait aussi le pied de grue à côté des pompes, espérant qu’un peu d’eau jaillisse. Souvent, c’est peine perdue. La seule alternative reste alors le marigot boueux, à environ 500 m, vers lequel les femmes se ruent. « Voyez ! l’eau est sale mais on est obligé de la boire », souligne amèrement Akomia Adja Anzata, présidente des femmes.

La santé en souffre

Les inconvénients de cette eau insalubre consommée ne se font attendre. « Ce problème d’eau occasionne des maladies diarrhéiques, la dysenterie. Mainte fois, j’ai interpellé les femmes de ne pas aller dans ce marigot. Mais comme il n’y a pas d’eau, elles sont contraintes d’y aller », confesse l’infirmier du village, Konan Kouassi.

S’approvisionner dans un autre village

Les populations voulant consommer de l’eau potable déboursent 200 francs CFA par bidon de 20 litres à des camionneurs ou des motocyclistes qui vont à Bondo, une localité voisine située à 12 km. Ils leur rapporteront ensuite le liquide. « Nous faisons 3 chargements par jour moyennant au moins 200 francs CFA par bidon. Ce qui nous donne une recette d’au moins 48.000 francs CFA », confirme Ouattara Seydou, chauffeur de camion. Et le motocycliste Atta Kouassi de renchérir : « on souffre du manque d’eau. Des fois, je fais 10 voyages en aller et retour. Je vais à Bondo, Yerekaye et à Donwahi rien que pour transporter de l’eau ».

Réaction de la Mutuelle de développement du village

Face à la situation, la Mutuelle du village a entrepris des démarches auprès du ministère des Infrastructures économiques, de l’Office national de l’eau potable (ONEP) et du Conseil régional de Gontougo. Objectif : plaider pour la construction d’un château d’eau devant desservir Dinaoudi et les villages alentour. Selon Koffi Atta Vagne Wilfrid (président de la Mutuelle locale de développement), les démarches n’ont, pour le moment, rien donné. Les 5.000 habitants que compte Dinaoudi devront encore souffrir. Pour combien de temps tiendront-ils ?

OSSÈNE OUATTARA

Source : AIP




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