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mercredi 30 septembre 2020
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BONDOUKOU : Une décision du gouvernement qui passe mal chez des acheteurs d’anacarde

Remise symbolique du chèque de 35 milliards de francs par le ministre Hamed Bakayoko (assurant l’intérim du Premier ministre) au directeur général du CCA, le lundi 15 juin 2020

Une semaine après la remise par le gouvernement d’un chèque de 35 milliards de francs CFA au secteur anacarde dans le cadre du Programme d’urgence de soutien aux filières agricoles d’exportation impactées par la crise sanitaire de Covid-19, des acheteurs se sont fait entendre bruyamment à Bondoukou. Lundi, ils ont essayé d’envahir la délégation régionale du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA) pour, affirment-ils, marquer leur mécontentement face à leur « mise à l’écart » dans la répartition de l’enveloppe. Parmi ces manifestants attirés par l’odeur de l’argent, certains sont notoirement connus pour organiser la fuite des noix de cajou vers le Ghana. Ce forfait semble les rattraper.

Ce qu’il faut savoir

Dénommée « opération Covid-19 », la subvention de 35 milliards de francs CFA devra en effet permettre d’acheter au prix de 400 francs CFA le kilogramme environ 350.000 tonnes de noix de cajou. Du fait de la pandémie, ce stock est resté aux mains des producteurs. Le programme d’achat se déroule à l’échelle nationale. Aucune région ou localité du pays n’est donc destinataire exclusive des fonds alloués par l’État. Et comme dans toute situation d’urgence, il va sans dire que la subvention ne sera pas mise à disposition de tous les acteurs de la filière.

Fac-similé de l’identification des bénéficiaires des 35 milliards de francs CFA comme soutien de l’Etat à la filière anacarde

Élaboré par le Comité interministériel des matières premières (CIMP), le document relatif au mode opératoire (dont nous nous sommes procuré une copie) a identifié les bénéficiaires de la subvention. « Les exportateurs sont les principaux et ultimes donneurs d’ordre d’achat au bord champ », stipule le texte. Rattaché au cabinet du Premier ministre, le CIMP a décliné 3 obligations que chacun doit satisfaire. « Chaque exportateur doit s’engager à adresser une lettre d’engagement au directeur général du CCA (cette lettre devra notamment préciser la quantité à acheter, mettre à disposition du CCA la liste des acheteurs par Délégation régionale (le CCA se réserve le droit d’intervenir pour la bonne répartition des acheteurs), signer la convention d’achat mise en place dans le cadre de la mesure de soutien », précise le document (téléchargez le texte complet ICI).

L’opér­ation est mise en oeuvre par le CCA, l’organe de régulation. Dans les régions et départements, elle est appuyée par les comités de veille qui sont présidés par les préf­ets.

Décision qui passe mal chez certains

À Bondoukou, des exportateurs et leurs acheteurs puis les pisteurs affiliés à ces derniers auraient reçu l’approbation du CCA pour procéder aux achats dans la région de Gontougo. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère des autres acteurs qui estiment être mis à l’écart par la décision. Ils crient à l’injustice, affirmant avoir été sommés de suspendre leurs activités. Pour eux, tout le monde doit être pris en compte dans l’ « opération Covid-19 ». Ils ont bruyamment manifesté dans les locaux de la représentation régionale du CCA, lundi 22 juin. La réaction de la police a permis de ramener le calme. Ce n’est que partie remise.

Les acteurs locaux de la filière ont promis se réunir autour d’une table, lundi 29 juin. Nul doute qu’au cours de la réunion, ils statueront sur la conduite à tenir.

OSSÈNE OUATTARA




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