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mardi 29 septembre 2020
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BONDOUKOU : Assemblée générale houleuse des villages impactés par l’activité minière

Les membres du CDLM en Assemblée générale ordinaire, le 22 avril 2020, à la préfecture de Bondoukou

Regroupés en Comité de développement local minier (CDLM), les 14 villages impactés par les activités d’extraction de manganèse se sont retrouvés à la préfecture, mercredi 22 avril, pour tenir leur Assemblée générale, la première depuis l’arrivée de Sory Sangaré, le nouveau préfet de région. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les échanges ont été houleux. D’une part, entre les représentants des populations et la société indienne Bondoukou-Manganèse (ex-Taurian ou Dharni Sampda). Et d’autre part, entre cette dernière et l’entrepreneur qui a en charge la réalisation des projets identifiés dans les localités touchées par l’extraction minière.

Depuis la présence de l’entreprise indienne à Bondoukou en 2006, et l’installation du Comité de suivi et de développement communautaire le 30 novembre 2013 puis sa mutation en CDLM le 16 février 2015, quelques infrastructures ont été construites à partir de 2017. Selon Kra Michel, membre du CDLM, un logement de 3 pièces pour enseignant a été construit à Boromba, village où Bondoukou-Manganèse a débuté ses activités il y a 14 ans. Un petit château d’eau de type AEP (Adduction d’eau potable) a été construit et un logement pour instituteur réhabilité à Pougouvagne. À Séréoudé, un bâtiment de 3 classes doté d’un bureau a été construit. À Koufouo, le CDLM a procédé à des ouvertures de rues. Idem à Nayongo.

Mais des problèmes subsistent. Des infrastructures, dont la construction a débuté en 2017, sont en souffrance. Elles ne sont pas encore achevées. C’est le cas à Bidio et à Koufouo où la construction de logements d’instituteur est en cours. Malaga et Koboko attendent toujours la fin des travaux des bâtiments de 3 classes chacun. Même attente à Nayongo où également un bâtiment de 3 classes doté d’un bureau accuse un retard de livraison. Il y a aussi le cas particulier de Similimi et ses 571 habitants qui doivent nécessairement être délocalisés.

Dans d’autres villages, les projets n’ont même pas encore démarré. Pour les populations, le responsable de tous ces manquements est la société Bondoukou-Manganèse. Ce que réfute cette dernière, à travers son directeur général. Narendra Barik pointe plutôt du doigt la lenteur de l’entrepreneur commis pour exécuter les travaux. Cette « défaillance » a amené la société minière, selon son patron, à suspendre ses versements correspondant à 0.5% de son chiffre d’affaires de l’année 2019 au profit du CDLM.

Fagbegnon Heliodor se dit surpris des accusations portées contre lui. L’entrepreneur se dédouane. Pour lui, les projets qui ont pris du retard dans leur exécution l’ont été du fait des responsables de Bondoukou-Manganèse. Les décaissements ne se faisaient pas régulièrement et les fonds lui arrivaient au compte-gouttes. Le cas du bâtiment de 3 classes en construction depuis 2017 à Koboko semble montrer les difficultés de l’entrepreneur. Selon nos informations, pour un coût total estimé à 19.955.124 de francs CFA, Bondoukou-Manganèse a versé 1.904.000 francs CFA à Fagbegnon Heliodor pour démarrer les travaux. Le second versement, 674.000 francs CFA, est intervenu en 2018. Soit 1 an après. Puis un troisième décaissement de 330.000 francs, et le dernier versement d’un montant de 800.000 francs CFA. La société Bondoukou-Manganèse a donc mis à disposition de l’entrepreneur une somme de 3.708.000 francs pour un devis d’environ 20 millions de francs CFA. Il reste à devoir 16.247.124 francs CFA pour terminer les travaux.

Au sortir de l’Assemblée générale, le directeur de l’entreprise minière a promis que tous les chantiers ouverts seront achevés dans 3 ou 4 mois avec un nouvel entrepreneur déjà choisi. « 53 millions de francs CFA sont déjà disponibles pour terminer les travaux », a fait savoir Narendra Barik. En attendant, un audit est demandé pour faire un état des lieux de tous les projets initiés par le CDLM, depuis son installation le 16 février 2015 par Jean-Claude Brou (actuel président de la Commission de la CEDEAO), alors ministre des Mines.

B. OUATTARA




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