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dimanche 21 avril 2024
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Ama Fatou, la chanteuse « tradi-moderne » koulango à l’ambition nationale

Prestation de la chanteuse Ama Fatou, samedi 25 mars, à Abidjan, à l’occasion de la présentation officielle de son 5e album intitulé « Yégo han pamin »

Elle ne semble pas être là pour amuser la galerie comme on le constate souvent dans le milieu. C’est-à-dire tomber aux oubliettes après une ou deux chansons. Ama Fatou est en train de se construire une véritable carrière d’artiste-musicienne. Depuis la sortie de sa première œuvre en 2014, elle garde le cap. Elle vient de sortir son 5e album. Il est intitulé « Yégo han pamin ». Traduction : « Dieu n’oublie personne ».

La cérémonie de présentation officielle de ce dernier-né, ce samedi 25 mars 2023 à Abidjan, renseigne sur les ambitions de la chanteuse de 35 ans : devenir l’icône de la musique koulango dans sa forme traditionnelle et moderne dans le District du Zanzan, et à l’échelle nationale. Dans un grand hôtel de Cocody, Ama Fatou a fait salle comble. Le parrain est Abdoulaye Alliagui, le directeur de cabinet adjoint du ministre des Transports. Quatre enseignants de l’université de Cocody étaient parmi les invités. Trois d’entre eux ont décortiqué l’album. Pour l’ethnomusicologue Koné Bassirima, « Ama Fatou épouse l’ère du temps. Elle est au croisement de la tradition et de la modernité de par les instruments, la langue et les thèmes qu’elle aborde dans sa musique. Tout le monde trouve son compte dans ses sonorités ». Tout comme sa chorégraphie dont le spécialiste Sidibé Moussa juge qu’elle « apporte le village en ville ».

Les enseignants Koné Bassirima (gauche), Kouassi Yéboua (milieu) et Sidibé Moussa (droite), tous de l’université de Cocody, ont jeté un regard critique sur l’album de la chanteuse

« Yégo han pamin » est un album de 6 titres. Il évoque des problèmes de société : hypocrisie, aigreur, maladie, retour aux sources, endurance. Des sujets qui ne doivent rien au hasard. L’enfance de l’artiste n’a pas été un fleuve tranquille. Née à Kandenan, près de Tabagne, Ama Fatou a perdu très tôt son père et sa  mère. Orpheline, elle s’est retrouvée dans sa famille paternelle à Kouassi-N’Dawa. Puis de nouveau à Kandenan, chez sa grand-mère maternelle. L’extrême précarité dans laquelle vivait sa famille a été un frein à sa scolarisation.

Abdoulaye Alliagui, parrain de la cérémonie

Son cheminement vers la musique commence par la danse. Et de rencontre en rencontre, elle fait la connaissance de Sié Charles. Ce 1er chanteur tradi-moderne de Bondoukou va produire le 1er album « Baya lè boyi » d’Ama Fatou en 2014. La collaboration est fructueuse et les titres s’enchaînent. En 2016, elle entre de nouveau en studio puis sort « Mia yassè ». Une année après, « Bognan ». « Amin mini yonhin » en 2018.

En 2022, la chanteuse décide de marcher seule. Naît « Yégo han pamin ». Ce chef-d’œuvre sonore est en vente à partir de ce jeudi 30 mars.

OSSÈNE OUATTARA




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